jeudi 13 janvier 2011

Cake'n Tea at BIOS


Il y a maintenant une semaine que je me suis installée au centre de recherche d’où, je l’espère, je réussirai à effectuer mes entrevues et écrire un bout de ma thèse. BIOS est mon nouveau QG pour les trois prochains mois et c’est de loin le milieu universitaire le plus stimulant qui m’ait été donné de fréquenter. Les astres de LSE semblent s’aligner afin que j’aie un séjour académique des plus prolifiques.

La London School of Economics and Political Science a un campus très dynamique situé en plein centre-ville de Londres. Les campus en pleine ville sont souvent dépourvus d’identité. Bien qu’il soit avantageux d’être au milieu de tout ce qu’il se passe, ces complexes universitaires ont souvent de la difficulté à créer un sentiment d’appartenance, à se doter d’une âme qui devient typique de l’université en question. Or, la LSE évite totalement ce piège.

Le campus a été pensé et érigé en même temps que le reste de La City et cela lui octroie un cachet bien spécifique. Le Kingsway et la Aldwych ceinturent le campus et il s’agit de prendre une des petites rues communicantes pour entrer dans un tout autre monde. À l’extérieur de ces murs imaginaires, les hommes cravatés dominent, les femmes d’affaires courent vers leurs prochains rendez-vous, tandis qu’à l’intérieur, les étudiants fourmillent et discutent comme s’ils étaient les maîtres du monde.

OK, peut-être que j’en mets un peu, mais vraiment, c'est fou de sentir à quel point en tournant un simple coin de rue l'ambiance est totalement différente; les gens qu’on rencontre semblent plus sympathiques et l’atmosphère est plus détendue. Dans ces petites rues ont trouve des cafés, des pubs (dont le George IV, la photo qui introduit le post d'aujourd'hui), des restaurants de toutes sortes, des librairies, des associations étudiantes de tout acabit, des boutiques qui vendent des articles promotionnels de LSE…même un authentique barber shop!

Les bureaux de BIOS se trouvent dans la Tour 2 (sur Clement’s Inn) au 11e étage. La vue de mon bureau est magnifique. On voit le London Eye, Big Ben et les tours de Westminster Abbey. C’est plutôt cool comme environnement de travail … si ce n’était de la satanée construction! Je crois qu’ils ne voulaient surtout pas que je m’ennuie de l’opération désamiantage qui a lieu à l’UdeM, parce qu’ici aussi ils refont une partie de l’édifice. Bruit de dentiste* sans frais!

* Vous savez, le bruit que fait la ponceuse dans votre bouche chez le dentiste…bien c’est ça le bruit quand on joue du marteau-piqueur près de votre bureau, fois mille ;)

BIOS est un centre dédié spécifiquement à l’étude des effets sociaux des biotechnologies, de la biomédecine et de la science. Le directeur du centre est Nikolas Rose, une vedette de la sociologie politique en Europe. Il voyage partout et se voit octroyer des bourses faramineuses chaque année par les organismes subventionnaires britanniques. J’étais un peu fébrile à l’idée de le rencontrer, même si mon directeur de thèse m’en avait dit que du bien. J’ai cette tendance à être vraiment intimidée par les personnes que je respecte intellectuellement.

Tous les mercredis, les membres de BIOS se rencontrent pour un Cake’n Tea afin de présenter les nouveaux venus, discuter des projets à venir, ou tout simplement pour parler d’autres choses que de travail avec ses collègues. Je ne vous cacherai pas que j’avais hâte d’avoir l’opportunité de rencontrer des gens. Au cours de la semaine, j’avais serré la main et papoté avec quelques-uns d’entre eux … au compte-goutte. Ma seule vraie discussion plus poussée avait été avec une autre « visiting shcolar » finlandaise, Mianna, qui est ici avec sa famille (son mari et ses deux enfants). Elle est vraiment très gentille et nous pourrons partager beaucoup au niveau professionnel, mais malheureusement elle n’est pas une très bonne candidate pour la pinte du vendredi.

Autour d’un thé et d’un morceau de gâteau, j’ai finalement eu la chance de créer des liens avec mes collègues. Vieux, jeunes, tout le monde est incroyablement sympathique; professeur Rose inclus. Je dois le couronner « British Grosse Douceur » à la suite de Michael mon directeur, a.k.a. « THE Grosse Douceur ».  Il a de ces yeux qui enveloppent et qui sont toujours intéressés, ainsi qu’une façon de mettre tout le monde à l’aise qui est donnée qu’aux personnes exceptionnelles. Encore la preuve que les gens géniaux sont souvent gentils!

Les autres membres du groupe sont pour la plupart des étudiants au doctorat ou des fellows qui font de la recherche en collaboration avec le centre. Je suis fascinée de côtoyer autant de personnes qui travaillent sur les enjeux de politique qui m’intéressent. Ils parlent le même langage que moi ;) Je suis certaine qu’ils feront partie de mon réseau professionnel et j’en suis extrêmement heureuse, j’espère seulement que le temps me permettra de m’en faire des amis.

Les Bureaux de BIOS à LSE
Mon bureau à moi
Mon agenda se remplit de jour en jour avec des conférences, des séminaires, des rendez-vous avec Prof. Rose et avec Prof. Franklin (la codirectrice du centre qui travaille aussi sur les politiques de l'infertilité). Toutes ces activités sont directement liées à ma thèse, pouvez-vous croire ça??!! Par exemple, un professeur invité par BIOS vient nous donner, en février, deux jours de séminaires sur les enjeux transnationaux de la procréation assistée (euh!!! C’est parce que j’aimerais ça moi, faire un post-doc là-dessus, tsé!!!!).

En tout cas, je sais qu’il ne faut pas que je m’emballe trop vite et que ceux qui ont vécu l’expérience d’aller passer un semestre à l’étranger me diront que je suis dans ma période de lune de miel et que ça passera, mais que dire?… Laissez-moi mes illusions! Parce qu’elles sont belles, motivantes et quelles viennent avec du thé, du gâteau et une vue incroyable sur Londres :)

La vue de mon bureau!

dimanche 9 janvier 2011

Please, Sir, I want some more!


Je vais de découverte en découverte en me perdant littéralement dans les rues. Depuis trois jours, je jette mon dévolu sur une station de métro et je pars de ce point pour aller … nulle part. Je trouve que de se perdre est la meilleure façon d’aller à la rencontre d’une nouvelle ville. De toute manière ce n’est pas le temps qui manque pour faire le tour des attractions de Londres. Pour l’instant je dois me familiariser avec elle. Que de surprises au rendez-vous!

Je vous parlerai bientôt de l’endroit d’où je vous écris aujourd’hui; un vrai trésor trouvé tout à fait par hasard lors d’une balade dans mon quartier. Mais ce sera pour la prochaine fois, ou pour le prochain dimanche, parce que ce post est dédié à un samedi bien spécial.

Un samedi soir seule sans savoir quoi faire me plaisait peu, donc en sachant que je ne connaîtrais personne dans les premiers jours, je m’étais acheté un billet pour aller voir un musical. Pour être franche, Papa Luc m’a fait le cadeau magnifique d’aller voir la dernière représentation d’Oliver! 

Le théâtre est au centre-ville, tout près de l’université et je voulais profiter du premier après-midi de soleil depuis mon arrivée pour découvrir ces environs. J’ai donc mis le cap vers midi sur la station Covent Garden et sans le savoir je suis tombée pile-poil!

Covent Garden est un ancien marché qui s’est transformé à travers les années en un quadrilatère où se rencontrent petits commerçants, grands magasins et pubs sympathiques. Les weekends, l’endroit se bonde de gens qui iront plus tard à l’Opéra ou dans les théâtres avoisinants. Les samedis, les amuseurs et les musiciens de rue se mettent de la partie pour créer une ambiance fabuleuse.

Je suis restée dans les parages tout l’après-midi sans même voir le temps passer. Lorsque la faim m’a finalement tiraillée, j’ai pénétré dans un petit resto italien pas cher où j’ai dégusté avec appétit une soupe minestrone fumante. Même s’il fait définitivement plus chaud qu’à Montréal, dès que je mets les pieds à l’intérieur, j’ai une envie indescriptible de boire quelque chose de chaud. Ce n'est pas pour rien que le thé est la boisson favorite des Anglais! Après mon repas, j’étais toute disposée à m’immiscer dans l’univers de Dickens.

L’histoire d’Oliver Twist est mise en scène à Londres depuis près de cinquante ans. De production en production, ils tentent de recréer l’ambiance glauque du roman tout en essayant d’en faire tout de même un évènement familial. La production à laquelle j’ai assisté tourne depuis plus de trois ans et est considérée par la critique comme la mieux montée et la plus grandiose de toutes celles présentées jusqu’ici. Je ne peux qu’être d’accord avec les critiques ... quoique je n’aie aucun comparatif.

La salle du Royal Drury Lane Theatre est très intime et nous permet d’apprécier l’orchestre et les chanteurs à leur juste talent. Impressionnant, c’est le seul mot qui me vient à l'esprit. Cette pièce est essentiellement interprétée par des enfants qui sont, soit dit en passant, incroyables. Les décors et les costumes étaient remarquables, la mise en scène magistrale et les acteurs adorés de leur public.

Je ne sais pas si c’est le fait que j’aie assisté à la dernière représentation, mais l’électricité dans l’air était palpable et les gens semblaient particulièrement excités d’être spectateurs. Les enfants dans la salle ont pris un soin mathématique à installer de petits coussins sur leur siège, ceux-ci leur permettant d’être à la hauteur voulue pour pouvoir voir et entendre à souhait. Les adultes, eux, mettaient deux fois plus d’intensité dans leurs rires et leurs applaudissements; je n’ai pu faire autrement que de me faire prendre au jeu. J’ai passé un moment délicieux!

Voici un petit vidéo pour les curieux. Quatre jeunes garçons ont interprété Oliver lors des 828 représentations de cette production. Celui que vous voyez dans le vidéo était sur scène samedi.







Anecdote : J’ai vu Mr. Bean! Oui, oui… Au début de cette production d’Oliver, le personnage de Fagin était interprété par nul autre que Rowan Atkinson. Il était donc présent sur scène à la fin du spectacle pour faire sa dernière révérence et remercier les dizaines de personnes qui ont collaboré à la pièce. J’étais déçue… il a oublié de mettre une dinde sur sa tête :)

Je suis rentrée à Tufnell Park avec les airs d’Oliver en tête et le cœur léger. J’ai déjà hâte aux prochains samedis.

Et en passant… j’ai acheté une couverte, de la vaisselle et un oreiller, alors les nuits sont douillettes et les repas plus faciles à préparer. Juste au cas, pour ceux qui s’inquiétaient ;)



jeudi 6 janvier 2011

All the way to the Stu-Stu-Studio…

Me voilà arrivée à bon port avec les bras un peu plus longs et quelques achats à faire.

Mes bras s’en remettront. J’ai dû tirer mes valises dans le métro de Londres faute d’avoir trouvé le bel anglais à la Aston Martin. Un taxi entre l’aéroport et le bureau du propriétaire m’aurait coûté 65£, alors je me suis contentée de l’Underground à 5£ en me disant que les obstacles font parties de toute arrivée en terre inconnue (ou presque). Or, ce petit périple s’est drôlement bien déroulé et j’ai même pu expérimenter la galanterie anglaise. 

J’avais totalement oublié que le métro de Londres est un vrai jeu de serpents et échelles et qu’avec des valises je partais avec un sérieux handicap. Mais au passage trois individus charmants m’ont, sans même que je n’aie à le demander, monté mes valises vers le niveau suivant. Et même, un d’entre eux a rebroussé chemin en voyant qu’un autre palier était devant nous pour ne pas me laisser seule devant l’obstacle. Pas mal hein?!

Mind the gap ! Ce ne peut pas être plus approprié avec des roulettes de valises. Tenez-vous le pour dit. Si vous venez me visiter, apportez vos trucs dans un sac à dos, ce sera plus facile de déjouer l’ennemi.

Du bureau du landlord, j’ai pris un taxi. Premier Patel à mon actif, ce gentil indien me demande d’où je viens tout en tenant le volant de droite. En arrivant à Opal 4 (mon complexe résidentiel), il me tend son numéro de téléphone. « When we are alone in a new city, we need some people to help us in case of emergency. Call me anytime ! ».  Sweet ! Mais est-ce qu’il faut que je prenne ça pour une « cruise » mal déguisée ou pour une offre tout à fait altruiste d’un homme qui a récemment immigré d’Inde ?

Vous ne me croyez pas ??!! Pour les sceptiques voici le numéro de téléphone d'Azad mon premier « indien friend » : 08 828 673 106. Oh ! Vous êtes juste curieux de savoir comment est mon appart ?! Ok d'abord!

C’est vraiment génial. Opal 4 est situé à trois coins de rue de la station d’Underground Tufnell Park et autour de chez moi il y a un grand parc, trois pubs, pleins de petits endroits où bouffer de l’Indien (je suis littéralement à Patel Land) et une épicerie très pratique. Huddleston Road est une rue bien typique de la banlieue londonienne. J’ai lu quelque part qu’à Londres tout est banlieue sauf le Square Mile. Alors, quand on va en banlieue, ça veut littéralement dire qu’on sort du centre-ville, qu’on retourne dans les quartiers résidentiels. Comme quoi quelque part le Plateau Mont-Royal peut être considéré comme étant la banlieue de Montréal ;)
Un autre bon samaritain m’a aidée à me retrouver dans le labirynthe qu’est Opal 4 (« It’s a real maze hear, I’ll help you get your way in Lady »).  Le complexe est grand et j’ai l’impression que les Anglais sont obsédés par le feu parce qu’ils mettent des portes coupe-feu à tous les tronçons de trois chambres. Cela crée un labyrinthe totalement étourdissant quand on n’y est pas habitué. Je me suis déjà égarée deux fois depuis mon arrivée. Mais ce n’est pas vraiment ça le hic au tableau !  Il faut bien qu’il y en ait un quand même….sinon ça ne serait pas un vrai voyage. 

Peut-être bien que j’aurai quelques demandes spéciales pour vous qui allez traverser l’océan pour me voir, afin que vous glissiez dans vos bagages certains trucs utiles qui ne font pas partie du « package » inclus dans la location de mon studio. Rien de très grave, mais ledit studio n’est pas doté de ces choses vaguement utiles que sont couvertes, oreillers et vaisselle. 

Comme le système de chauffage est programmé pour fonctionner par coup de deux heures seulement (et je dois peser sur le bouton pour l’activer !), c’est comme important que je trouve un grand magasin (style LaBaie) aujourd’hui et que je me dote au moins d’une couverture. Sinon, je devrai à mon grand damne vous avouer expérimenter la sensation d’avoir froid…oui oui, il est bien possible que je gèle comme une crotte pour la première fois de ma vie. Vivement les systèmes de chauffage de chez nous !

Voici quelques photos de l’endroit où je vivrai dans les prochains mois. Vous voyez, je me plains pour rien :)

La couverte (cadeau de noël de Lolo) et l'oreiller (cadeau de noël de Simon) que vous voyez sur 
cette photo m'ont sauvé la vie la première nuit. Avec mon manteau d'hiver en plus...


Mon entrée (de là on entre dans la cuisine et à droite de la photo il y a la salle de bain)

Ma cuisine


Ma salle de bain mini (la douche est à gauche dans un coin)

C'est cool non?!



mercredi 5 janvier 2011

And the journey begins…


Comment dire? C’est mon premier vrai départ. C’est la première fois que je pars pour quelques mois, que je quitte pour autre chose que des vacances. Je pourrai maintenant dire que comme toutes les premières fois, ce départ était à la fois excitant et apeurant. Même si je me suis plongée dans ce projet à plein et que je l’ai planifié pendant des mois, il me semble tout à fait impossible de prédire la teneur exacte, en expérience et en émotion, de ce séjour à Londres.

La seule chose que je me demande maintenant, en plein vol au dessus de l’océan, c’est pourquoi c’est lorsque l’on part, que l’on comprend ce qu’on a, qui on est, qui nous entoure, notre chance?

Probablement parce qu’on est en pleine période des fêtes et que j’ai eu la possibilité de voir beaucoup de monde avant de quitter, mais quand même, je me sens tellement gâtée de pouvoir partager cela avec vous. Ma famille, mes amis. Vos appels, votre présence, vos messages, vos encouragements et votre enthousiasme ont contribué à mon calme, à la certitude que j’ai présentement, que tout ira bien et que ce voyage sera l’expérience d’une vie. Vous serez quelque part avec moi tous les jours, au travail et encore plus ailleurs. Parce que vous êtes ma folie, mon courage, mon sérieux, ma science infuse et mon sourire.

Je ne m’en vais pas pour longtemps. Quatre mois c’est vite passé, je sais. Alors à partir de maintenant, je passe à l’étape suivante et je me mets dans le « London mood ». Je laisse donc derrière moi mon besoin de contrôler les évènements et j’embarque dans l’aventure à fond, en me répétant que c’est mon dernier test. Hum hum, un test… 

J’ai changé beaucoup depuis trois ans. Les personnes qui me connaissent en sont témoins. Bien que je n’aie pas réellement de regret, j’ai mis de côté plusieurs rêves pour vivre autre chose pendant un moment. J’ai maintenant l’opportunité de revenir à mes vieilles amours, de prendre les choses en main, de mettre mes envies au-devant de tout le reste et de botter les fesses aux vieilles craintes que je cultivais (malheureusement). Parmi tout ce que je voulais accomplir : Londres. 

Bon, peut-être pas aussi clairement que ça, mais Londres est comme un appel à moi-même. J’ai besoin de savoir si je peux passer une session ailleurs, mettre au premier plan mon travail, ma passion, moi. J’ai besoin de mettre ma vie en suspend pour aller voir ailleurs ce qui s’y passe. J’ai besoin de me prouver que je suis capable de me retrouver devant rien, sans vous, sans que je me laisse tomber.

Cliché…peut-être. J’arrive pourtant à l’assumer assez pour vous raconter mon lien avec cette ville. Pour vous raconter comment je suis tombée en amour avec elle il y a longtemps.

Londres est la première ville européenne que j’ai visitée sans mes parents. À l’époque j’étais littéralement morte de peur de partir pendant trois semaines sans ce qui me rassurait. La vie m’a montré depuis que ce qui l’est vraiment demeure très différent de ce qui me semblait rassurant à l’époque. En arrivant à Londres, j’avais été séduite par l’ambiance enflammée de la ville, par son caractère artistique et j’ai été absorbée, du haut de mes 15 ans, par toute cette nouveauté. Mais je me suis ennuyée. Tellement. Quand j’y pense, c’est un peu ridicule.

Deux ans plus tard, je suis sélectionnée comme personnalité de l’année au gala méritas de mon école secondaire et au cours de la soirée de remise des prix, ils nous présentent un petit topo des réalisations des anciens du collège. J’étais déjà passionnée par la politique à ce moment-là et lorsque la présentation vidéo nous a montré un ancien qui étudiait à Londres en science politique, j’ai rapidement dit à mes parents que ce serait moi un jour qui serait à sa place.

Aparté : Je vous rassure tout de suite, je ne suis pas devenue adepte de la théorie du « Secret », mais je crois sincèrement que la vie est assez bien faite pour nous amener là où l’on est censé aller. De retour à mon histoire….

Je suis retournée à Londres avec mes parents en 2005, juste après avoir terminé mon baccalauréat. C’était un voyage incroyable encore une fois et je suis revenue à Montréal avec la certitude qu’entre toutes les villes du monde que j’avais visitées jusque-là, Londres était la seule où je pourrais réellement vivre. Cette fois-ci, c’est le rythme qui m’avait enchantée, je me sentais chez moi. J’avais aperçu, pendant notre séjour, la LSE (London School of Economics and Political Science pour les non-initiés) et j’avais silencieusement formulé le vœu d’un jour y étudier.

Les choses se sont passées très différemment que prévu et les années ont passées, mais quand j’ai eu la possibilité d’en revenir à moi, le rêve était encore là. Et la thèse est devenue, par une série de hasards, le meilleur prétexte pour retourner pour une troisième fois chez les brits. Jamais deux sans trois 

Alors, me voilà. Je vous raconterai des trucs plus palpitants dans les prochains posts, c’est promis. Je compte bien vous faire part de mes observations incongrues et de mes expériences saugrenues. Et pour ceux qui ont l’impression de lire mon journal intime, ne vous inquiétez pas, je ne vous ai pas laissé entrer très loin dans mon intimité. J’ai encore un très vaste et foisonnant jardin secret, soyez rassurés!

Pour vous laisser sur une note un peu différente, je peux vous dire que je trouve toujours très spécial de prendre l’avion seule. En plus, comme j’ai l’habitude d’attirer les drôles de personnages, vous pouvez vous imaginer que c’est plutôt propice…

De un, mon voisin d’en arrière m’a pris pour la conjointe de mon voisin d’à côté : un homme d’au moins trente ans mon aîné. De deux, je voyage toujours par pur hasard dans le même avion que quelqu’un que je connais : par exemple quand je suis allée en Allemagne en mars dernier, j’étais sur le même vol que le mari d’une grande amie de ma mère (avec qui on a passé quelques jours à Paris lors du voyage de 2005 dont je vous parlais tantôt) et là c’est Patrick Marier (un professeur de Science politique de Concordia) qui est dans le même vol. De trois, je me fais toujours cruiser par l’agent de sécurité maghrébin (!!) qui fouille mes affaires en me regardant remettre ma ceinture et me pencher pour enfiler mes bottes tout en me disant : « c’est vraiment triste que vous voyagiez toute seule ma jolie mademoiselle ». (soupir!)

Mais bon, je ne désespère pas de trouver un bel anglais sur mon vol qui aurait une Austin Martin pour me reconduire au bureau de mon landlord en arrivant à Heathrow. Une fée m’a dit de regarder autour de moi pour ne pas laisser les opportunités me glisser entre les doigts ;) Je le ferai … et je vous tiens au courant!